Aides 2026 pour une pompe à chaleur : MaPrimeRénov’ et CEE
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Installer une pompe à chaleur air/eau représente un investissement, mais l’État en finance une grande partie. Deux dispositifs principaux existent en 2026 et sont cumulables : MaPrimeRénov’ et la prime CEE. Voici comment ils fonctionnent, et pourquoi le seul chiffre qui compte vraiment est votre reste à charge.
MaPrimeRénov’ : une aide selon vos revenus
MaPrimeRénov’ est versée par l’Anah (Agence nationale de l’habitat). Son montant dépend de votre catégorie de revenus, déterminée par votre revenu fiscal de référence et la composition de votre foyer. Le barème distingue quatre profils, des ménages « très modestes » aux ménages « supérieurs ».
Pour une pompe à chaleur air/eau, les montants forfaitaires 2026 sont, à titre indicatif :
- Ménages très modestes : jusqu’à 5 000 € ;
- Ménages modestes : jusqu’à 4 000 € ;
- Ménages intermédiaires : jusqu’à 3 000 € ;
- Ménages aux revenus supérieurs : non éligibles à MaPrimeRénov’ pour ce geste. La prime CEE, elle, reste accessible.
Le montant exact dépend de votre situation précise ; c’est pourquoi une simulation personnalisée est indispensable plutôt qu’une promesse chiffrée « au doigt mouillé ».
Comment votre catégorie de revenus est déterminée
Trois éléments, et trois seulement, décident de la couleur de votre profil :
- votre revenu fiscal de référence, celui de l’année précédant votre demande — pour un dossier déposé en 2026, ce sont donc les revenus 2025. S’il y a plusieurs avis d’imposition dans le foyer, ils s’additionnent ;
- le nombre de personnes qui composent le ménage ;
- votre région : les plafonds sont plus élevés en Île-de-France que dans le reste de la France, à composition de foyer identique.
Nous ne recopions pas les tableaux de plafonds sur cette page : ils sont révisés, et un tableau périmé sur un site qui se dit à jour est exactement le problème que nous dénonçons. Les valeurs en vigueur sont publiées par l’Anah et reprises sur france-renov.gouv.fr. Notre simulateur applique le barème 2026 et vous affiche directement les tranches correspondant à votre foyer et à votre région.
La prime CEE, cumulable avec MaPrimeRénov’
Les Certificats d’économie d’énergie (CEE) donnent droit à une prime versée par les fournisseurs d’énergie, en complément de MaPrimeRénov’. Son montant varie selon le fournisseur signataire et votre projet. Cumulée à MaPrimeRénov’, elle réduit encore le reste à charge.
Ce qui fait varier votre prime CEE
Depuis le 1er octobre 2025, les montants minimaux de prime CEE ont été supprimés pour les pompes à chaleur. La prime ne se lit plus dans un tableau : elle se calcule à partir d’un volume de certificats — qui dépend de votre zone climatique, de la surface chauffée et de la performance de l’appareil — multiplié par le prix auquel le signataire rachète ces certificats. Ce prix varie d’un acteur à l’autre et dans le temps.
Conséquence pratique : le montant que nous affichons est celui que nous obtenons habituellement, pas un forfait garanti. Nous préférons vous donner un ordre de grandeur en vous disant ce qui le fait bouger — votre zone climatique, la surface chauffée, le volume de certificats — plutôt qu’un chiffre rond sans explication. Il est confirmé lors de la visite technique, avant tout engagement de votre part, et il figure sur votre devis.
La bonification « Coup de pouce » : un facteur cinq, sous conditions
Au-delà du forfait de base, une bonification multiplie par cinq le volume de certificats, pour les opérations engagées entre le 1er octobre 2025 et le 31 décembre 2030. Elle suppose deux conditions cumulatives : que le logement soit occupé à titre de résidence principale, et que la pompe à chaleur remplace une chaudière individuelle au charbon, au fioul ou au gaz.
L’écart entre les deux situations est d’un facteur cinq : annoncer « CEE en plus » sans distinguer forfait de base et bonification est trompeur. Un logement chauffé à l’électricité ou au bois conserve le forfait de base et reste éligible à MaPrimeRénov’ — il perd seulement la bonification. Si vous partez du fioul, le parcours a ses règles propres : remplacer une chaudière au fioul par une pompe à chaleur. Si vous êtes au gaz et hésitez encore à changer de système, l’écart d’aides entre les deux options est justement l’argument central du comparatif pompe à chaleur ou chaudière à gaz.
Jusqu’où va le cumul ?
Le cumul de MaPrimeRénov’ et de la prime CEE est encadré par un plafond exprimé en pourcentage du montant TTC de la dépense éligible — le coût du matériel et de la pose, remises déduites — plus élevé pour les revenus les plus modestes : schématiquement, jusqu’à 90 % pour les ménages très modestes, 75 % pour les modestes et 60 % pour les intermédiaires.
Deux précisions changent tout dans le calcul. D’abord, cette dépense éligible est elle-même plafonnée selon le type d’équipement : pour une pompe à chaleur air/eau, ce plafond est de 12 000 € TTC — le montant de dépense au-delà duquel plus aucune aide n’est calculée. Tout euro dépensé au-delà reste intégralement à votre charge, quels que soient vos revenus. Ensuite, les pourcentages ci-dessus valent pour MaPrimeRénov’ et la prime CEE : les aides des collectivités ou des caisses de retraite s’ajoutent, mais doivent être déclarées et sont prises en compte dans le plafonnement global. Autrement dit, MaPrimeRénov’ et la prime CEE ne couvrent jamais la totalité de la dépense : méfiez-vous des offres « à 1 € » ou « 100 % gratuit », qui sont, au mieux, trompeuses.
Les conditions à respecter
Pour ouvrir droit aux aides, plusieurs conditions s’appliquent :
- l’installation doit être réalisée par une entreprise certifiée RGE QualiPAC — c’est une condition sans laquelle aucune aide n’est accordée ;
- le logement doit respecter une condition d’ancienneté et être une résidence principale : la vôtre si vous l’occupez, celle de votre locataire si vous êtes bailleur — auquel cas vous vous engagez à louer pendant 6 ans ;
- vous devez être propriétaire du logement — occupant ou bailleur ;
- les travaux ne peuvent commencer qu’après l’accusé de réception de votre demande par l’Anah : déposer le dossier ne suffit pas, démarrer avant cet accusé fait perdre l’aide ;
- une visite du logement doit avoir lieu avant l’établissement du devis — c’est une condition de l’aide pour tous les travaux soumis à qualification, dont la pompe à chaleur.
Quinze ans d’ancienneté — et l’exception qui sauve les dossiers fioul
Le logement doit être achevé depuis au moins quinze ans. La date à laquelle cette condition s’apprécie n’est ni celle du devis ni celle du dépôt, mais celle de la notification de la décision d’octroi — un logement qui atteint ses quinze ans en cours d’instruction n’est donc pas forcément perdu.
Il existe une dérogation, et elle est mal connue : un logement achevé depuis plus de deux ans suffit lorsque l’installation de la pompe à chaleur est associée, dans le même dossier, à une demande de prime « dépose de cuve à fioul ». Attention à la formulation exacte : ce n’est pas le fait de remplacer une chaudière au fioul qui ouvre la dérogation, c’est la demande simultanée des deux primes. Un fioul sans cuve déposée ne la déclenche pas.
Vous n’habitez pas le logement : bailleur, indivision, SCI
Propriétaire bailleur. Vous êtes éligible, à condition de vous engager sur l’honneur à louer le logement en résidence principale pendant six ans au minimum. Trois contreparties vont avec, et il vaut mieux les connaître avant de signer : en cas d’arrêt de la location avant terme, vous remboursez un sixième de l’aide par année non louée ; en cas d’augmentation de loyer, vous vous engagez à déduire le montant de l’aide du montant des travaux répercuté ; et le dispositif est plafonné à trois logements. Un dossier de bailleur se cumule avec un dossier pour votre propre résidence principale, et la location à un ascendant ou un descendant reste possible.
SCI. La société elle-même n’est pas éligible à MaPrimeRénov’ par geste — les personnes morales en sont exclues. Mais l’associé d’une SCI qui occupe le logement est assimilé à un propriétaire occupant et redevient éligible, à charge pour lui de produire un commodat (contrat de prêt à usage). Les travaux portés par la société, eux, restent finançables par les CEE.
Indivision et usufruit. Les propriétaires en indivision sont éligibles, avec l’accord attesté de tous les indivisaires, de même que les usufruitiers. Les deux profils réellement exclus sont le nu-propriétaire et le locataire : dans ce dernier cas, c’est au propriétaire de porter la demande.
Ce qui limite le cumul, au-delà de l’écrêtement
- MaPrimeRénov’ se cumule avec les CEE, les aides des collectivités locales et celles des caisses de retraite ; les aides autres que les CEE doivent être déclarées et entrent dans le calcul du plafonnement ;
- un même logement ne peut pas dépasser 20 000 € d’aide sur cinq ans en parcours par geste ;
- on ne demande jamais deux fois MaPrimeRénov’ pour les mêmes travaux ; plusieurs dossiers restent possibles pour des travaux différents.
Les échéances qui vous concernent
Un dispositif d’aide se lit avec son calendrier. Trois dates comptent aujourd’hui, et elles ne se déclenchent pas toutes sur le même événement.
1er janvier 2027 : les logements classés F ou G sortent de l’aide par geste
Pour toute demande déposée à compter de cette date, le logement devra être classé A à E avant travaux. Les logements classés F ou G relèveront alors du parcours « rénovation d’ampleur », pas de l’aide par geste. À la même date, un DPE ou un audit énergétique devra être joint au dossier — pour toutes les demandes, y compris celles portant sur un logement classé A à E : c’est une pièce et un coût de plus dans le parcours.
1er septembre 2026 : la bonification CEE exige un modèle agréé
À compter de cette date, la bonification « Coup de pouce » décrite plus haut est réservée aux modèles de pompes à chaleur titulaires d’un agrément officiel. La liste des modèles agréés est publiée par l’ADEME et mise à jour chaque mois : un modèle peut y entrer, et un agrément délivré à titre transitoire peut en sortir. Le seul réflexe utile est de demander le numéro d’agrément du modèle proposé sur votre devis, à chaque devis.
Deux dates de déclenchement, à ne pas confondre
C’est l’erreur la plus facile à commettre, y compris chez des professionnels :
- MaPrimeRénov’ se règle sur la date de DÉPÔT de la demande. Le barème, les conditions et les exclusions applicables sont ceux en vigueur ce jour-là ;
- les CEE — et l’agrément ci-dessus — se règlent sur la date d’ACCEPTATION DU DEVIS, qui vaut engagement de l’opération.
Autrement dit, un devis accepté avant le 1er septembre 2026 conserve sa bonification même si la pose a lieu bien après ; mais signer un devis en décembre 2026 ne protège en rien un logement classé F ou G si la demande MaPrimeRénov’ n’est pas déposée avant le 31 décembre.
Les critères précis (ancienneté du logement, plafonds de revenus par région et par personne) évoluent régulièrement : reportez-vous au barème officiel de france-renov.gouv.fr pour votre cas exact.
Le seul chiffre qui compte : votre reste à charge
Le montant des aides ne dit pas grand-chose seul : ce qui détermine votre décision, c’est ce que vous paierez réellement, aides déduites. Chez ENERGIE148, nous affichons ce reste à charge honnêtement, après une estimation en ligne puis une visite technique — sans prix d’appel ni mauvaise surprise à la signature.
Vous voulez comprendre l’équipement avant de vous décider ? Lisez notre guide sur le fonctionnement de la pompe à chaleur air/eau. Pour savoir sur quoi porte l’écrêtement dans votre cas, voyez ce qui fait varier le prix d’une pompe à chaleur air/eau : les aides se calculent sur la dépense, pas sur un forfait.
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